Wall-e : de l’amour dans l’air
Par Matthieu • Mercredi 30 juillet 2008 à 16:00 • Dans : Actualité, Cinema, Pleins feux sur ...
An de grâce 2100. Une planète Terre en perdition, une société dont les gouvernements sont contrôlés par des géants de l’ultra-consommation, et c’est la catastrophe. Cherchant à consommer toujours plus, les hommes ont fini par polluer entièrement leur environnement.
Dans WALL E, le nouveau film des studios Pixar, l’Homme se fichait du protocole de Kyoto, du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources. L’air est devenu tellement toxique qu’il est aujourd’hui irrespirable. Pour survivre, une seule solution : fuir. Et continuer à consommer dans l’espace.
Entre écologie et amour
En attendant … une mission a été confiée à une armada de petits robots : les WALL-E. L’idée, c’est de nettoyer la planète terre de ses déchets pour que dans un futur proche, elle soit de nouveau habitable. Mais voilà , 700 ans plus tard, c’est-à -dire un futur pas si proche, les hommes ne sont pas revenus. Tous les WALL-E sont évidemment tombés en panne … sauf un. C’est ainsi que commence ce nouveau bijou d’animation produit par Disney et réalisé par le talentueux studio déjà auteur du Monde de Némo, de Ratatouille, Toy Story ou encore Les Indestructibles.
Vous l’aurez compris, Pixar signe ici un chef d’oeuvre de science-fiction qui porte un véritable message écologique et dénonciateur à outrance de la société de consommation. Et qui tombe à pic : ce débat fait actuellement rage dans le monde. Comment lutter contre le réchauffement climatique ? La pénurie de pétrole ?
Pixar nous le dit sans aller par quatre chemins : si l’on continue dans ce sens, le monde sera celui de WALL-E. Et ce petit WALL-E, justement, il a de la personnalité. C’est un petit robot tout bête, mais très attachant et doté d’une personnalité très curieuse, dont la mission est de récolter les déchets, en faire un cube, et l’entasser. En somme, il ne fait que déplacer des déchets comme si cela suffisait à nettoyer la planète Terre. Il collectionne tout, que ça ait de la valeur ou pas. Et surtout, il se sent seul, très seul, malgré un petit cafard survivant et quasi-immortel qui fait office de chien. On retrouverait presque des airs de « Je suis une légende » …
Puis un robot aux airs de fée débarque. Son nom : EVE. A ce moment précis, notre petit Wall-E va tout faire pour que la petite EVE remarque sa présence. C’est le second thème majeur du film : l’amour. Un amour presque impossible entre deux robots qui pourtant montrent que leur personnalité peut évoluer.
Vous avez l’impression d’avoir été complètement spoilé sur le contenu du film ? Rassurez-vous, le scénario se découpe en plusieurs parties dont les lectures se font à plusieurs niveaux. Si la moitié du film est muette, ce qui ne retire rien au charme du film, bien au contraire, la seconde partie semi-loquace est encore plus sombre concernant l’avenir de l’humanité. Ce message à plusieurs niveaux de lecture, c’est aussi la force de cet épisode, comme de tous les Pixar. C’est pour cette raison précise que ce WALL-E plaira autant aux plus petits qu’aux grands.

Côté staff, les studios Pixar, créés à la fin des années 1980, démontrent une nouvelle fois leur génie en matière d’animation. Et surpassent même les studios de Walt Disney à leur âge d’or, la deuxième moitié du XXè siècle.
La production est aux commandes du trio Pete Docter, John Lasseter (la figure emblématique du studio) et Jim Morris. Quant à la réalisation, elle est confiée au géniteur du Monde de Nemo, qui avait fait sensation lors de sa sortie fin 2003. A signaler enfin la fantastique bande son composée par Thomas Newmann, déjà auteur des musiques de « L’homme qui murmurait à l’oreilles des chevaux », « American Beauty », et « Le Monde de Nemo ».
Une réalisation complexe

Réaliser un film tel que WALL-E est un effort qui fait intervenir près de 500 personnes et entre 2 et 3 ans de projet. Tout commence même par des scénaristes, qui développent des idées émises par n’importe qui dans le studio. Comme chez Google, de nombreuses zones conviviales sont amménagées chez Pixar afin que chacun trouve de l’inspiration.
L’histoire est au centre du projet dès le début. Une fois l’histoire approuvée, graphistes et scénaristes se mettent d’accord pour réaliser les nombreux storyboards qui composent des films tels que Wall-e. Une fois les s

toryboards montés, il s’agit de les animer et de les doter d’une voix (quand la scène n’est pas muette) afin de bien définir le rythme de telle ou telle scène. Le travail sur l’ambiance peut être alors réalisé grâce à de nouveaux storyboards colorés qui serviront de base aux animateurs.
Comme il s’agit d’un film 3D, les personnages sont d’abord réalisés en maquette de plâtre puis scannés, ou directement modélisés par ordinateur. Ils sont ensuite animés par des chorégraphes, puis intégrés dans des décors également en 3D. Des intéractions se font également avec des objets, qui sont plus ou moins complexes et disposent d’un éclairage particulier.
Le processus de travail des logiciels de Pixar, développés en interne (la plus grosse équipe de Pixar est celle du « Software », le développement de leur logiciel). RenderMan est le logiciel, continuellement mis à jour, qui permet de réaliser un rendu d’une image prenant en compte tous les paramètres d’une scène. Les films Pixar tournent à 24 images par seconde, et chaque image prend environ 6 heures à générer. Les films étant destinés à une diffusion sur des écrans gigantesques, ce temps est logique.
Les machines des studios Pixar dont parmi les plus performantes au monde, et ce sont de véritables « fermes de calcul » qui réalisent ces animations de très haute qualité. Ceci dit, les progrès en matière de processeurs font que les temps de rendu se réduisent d’année en année.
Pour bien se rendre compte : une scène d’une seconde standard mettrait jusqu’à 6 jours pour être générée. Par ailleurs, les images les plus complexes peuvent être générées en 4 jours minimum, le temps de rendu explose ainsi.
Heureusement, ce processus long et complexe marque souvent la fin du projet, et se fait tout au long de sa création. Plusieurs équipes travaillent ainsi sur différentes scènes et envoient leurs projets aux fâmeuses « fermes de calcul » pendant qu’ils travaillent sur d’autres scènes.
Et quelques mois plus tard, enfin, vous avez le film sous les yeux !
Pour conclure sur WALL-E, gardez bien à l’esprit que ce film est le plus beau, le plus triste, le plus sensationnel, et tout simplement le meilleur Pixar jamais créé, et devrait facilement vous toucher droit au coeur, et même vous faire rire : WALL-E fourmille de petites références au monde actuel, et nous rappelle aussi que la société Apple n’est jamais très loin quand il s’agit de Pixar. Après tout, ce n’est pas un hasard si Steve Jobs est cité dans le générique. Un chef d’oeuvre à voir, à revoir, à l’infini, et au délà … Tout simplement.
WALL-E, le jeu vidéo
Bien évidemment, Pixar surfe sur la popularité gigantesque de son film pour le dériver en de nombreux produits ; vêtements, peluches, BO, jouets, et bien entendu, jeu vidéo.
C’est THQ qui s’y colle et nous dote de quelques versions : PC, PS2, PS3, Xbox 360, Wii, Nintendo DS et PSP. Bref, toutes les consoles sont touchées par le phénomène WALL-E, et nous avons pu nous essayer à la version Playstation 3 du titre.
Le jeu prend la forme d’un titre de Plateforme où l’on incarne WALL-E. Il doit récolter des ordures de différents types pour débloquer des passages et avancer dans des niveaux plutôt linéaires. Facile d’accès, le titre se contente du strict minimum. Le personnage est très sensible au niveau du contrôle, une simple poussée sur le stick analogique et vous voici au fond du gouffre qui se trouvait pourtant bien à distance.
Graphiquement, nous sommes sur Playstation 3, le titre se veut donc logiquement beau. Pourtant, on sent qu’il a été très nettement bâclé. De nombreux bugs et glitchs graphiques subsistent, les explosions de poussière prenant parfois la forme de gros pixels à l’opacité réduite.

C’est à n’y rien comprendre. La console, pourtant, en a dans le bide. Elle est capable d’afficher des graphismes « Pixaresques », Metal Gear Solid 4, Gran Turismo 5 Prologue ou encore Killzone 2 nous l’ont récemment prouvé. Sans atteindre la claque de ces jeux, on en aurait demandé un peu plus à l’héritier tout en croix, ronds et carrés du film de Pixar.
Le tout premier niveau, censé faire état de tutoriel, illustre cette frustration que l’on ressent très vite dans le jeu. Si l’on rajoute à cela une musique qui tourne en boucle, et ça tape très vite les nerfs.
Heureusement, au fil du titre, les choses s’arrangent. Les niveaux sont nombreux mais assez courts (comptez 15 minutes pour finir un niveau, après le premier), et le jeu s’expédie assez rapidement. Quelques niveaux sont même funs comme une course-poursuite dans un vaisseau spatial avec EVE. Des lots de consolation sont même déblocables, tels que des extraits du film ou des bandes annonces (tout en HD, s’il vous plait !).
C’est toujours le même reproche que l’on fait à ces adaptations de films. Pas assez travaillé, pas assez ceci, pas assez cela. La faute au studio ? Pas forcément ! C’est aussi la faute aux ayant-droits d’une licence (ici Disney, en l’occurrence). En effet, les délais de fabrication d’un titre de qualité prennent en général du temps, tandis que les délais de création d’une adaptation sont écourtés, ce qui forcément fait soit un jeu très court et sans intérêt, soit un jeu plus long mais sans grand plaisir de jeu. WALL-E Le Jeu vidéo s’en sort de justesse, mais aurait vraiment gagné à être plus soigné, surtout sur le plan graphique et de la jouabilité. C’est fort dommage, les Gamers ne trouveront pas leur compte, même si c’est une adaptation honorable qui plaira aux moins exigents.
Le prochain Pixar
Le prochain Pixar s’intitule « Up » (« Là Haut »). Il fera le focus sur un vieillard qui traverse le monde accompagné d’un garde forestier, et dont le Teaser a été révélé ces jours-ci.
Espérons que la qualité soit encore une fois au rendez-vous côté Pixar. Quoi, vous en doutez encore ? Le thème principal du film devrait être l’acceptation de l’âge et l’arrivée à la maturité. Vous avez dit « Miyazakiesque » ?
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A propos de Matthieu : Rédacteur en Chef des éditions en ligne



Joli article.
Ayant vu Wall-E récemment je peux dire que c’est clairement le meilleur PIxar à ce jour, et un très bon prétendant à meilleur film d’animation que je connaisse.