Dossier Sexe et jeux vidéo : le Hentaï !

Par Jean-Philippe Alba • Vendredi 20 février 2009 à 15:32 • Dans : Actualité, BD/Mangas, La Sélection Newsletter, RSS Mid

 » Le site marchand Amazon.com a retiré de ses offres en ligne un jeu vidéo japonais qui autorisait les joueurs à simuler des viols. Le titre, vendu par le biais d’un opérateur en ligne, a été jugé inapproprié et la page supprimée [...]  » (Sources : NouvelObs.com)

Voici donc l’occasion rêvée de faire un dossier sur le sexe et les jeux vidéo et de revenir sur le phénomène très controversé du Hentaï. Voyage au pays de l’extrême et de l’imaginaire tabou… accrochez-vous !

Le Hentaï est un terme générique qui regroupe à la fois les jeux vidéo, les mangas et les animés. Apparu  sous sa forme vidéoludique avec le PC-FX de Nec au début des années 90 (et même plus tôt sous forme de programmes pirates), il existe depuis beaucoup plus longtemps dans sa version papier et animé. Il est intéressant de remarquer à quel point ce phénomène est ancré en Asie, principalement au Japon, sans pour autant s’exporter aux États-Unis et encore moins en Europe. Il est vrai que le sujet reste tabou et qu’il est difficile de comprendre, pour nous européens, la présence d’aussi jeunes filles dans des orgies au minimum ‘spectaculaires‘ (pour ne pas employer d’autres termes !).


Quand la cul… ture s’en mêle
!
En effet, 90% de ces jeux sont à caractère pornographique pour ne pas dire violents pour un Å“il non averti sur les singularités de la société japonaise. La question qui tue est de savoir pourquoi des jeux comme Singles, Leisure Suit Larry ou Virtual Valerie sont édités et d’une certaine manière assumés en Occident tandis que des titres comme Phantom of Inferno ou Viper (et beaucoup d’autres tant la production est prolifique) ne sont pas exportés chez nous ?

Sans rentrer dans des cours de sociologie avancés sur le Japon : une hypothèse explique que nous autres occidentaux, bercés dans la religion chrétienne, avons développé une culture du pêché là où les asiatiques et en particulier les japonais, développent une culture de la honte. Ces derniers sont donc très sensibles au regard des autres sur eux-même (honneur, patrie et famille étant des termes très importants là-bas) tandis que l’européen se trouve dans une société plus individualiste et centré sur lui-même (pêchés, interdits, propriété, etc…). Le sexe est donc naturellement perçu de manière différente entre nos deux cultures et nos interdits nous empêchent de toucher (syndrome d’une certaine pomme et d’un certain Adam…) là où le japonais pratique sans forcément en parler (syndrome de la honte). Pour toutes ces raisons,  cette production reste cantonnée dans une seule région du globe sans pouvoir s’exporter.

De plus, « perdre la face » devant quelqu’un en Asie est totalement inconcevable (notez, c’est l’inverse chez nous puisque la personne qui crie le plus fort est en général bien perçue par les autres !) ; les minces tentatives d’exportation ne sont donc pas envisageables sans compter notre regard très critique sur ces productions qui ne facilite pas l’importation. Une autre hypothèse beaucoup plus simple et tout aussi légitime consiste à dire que des scènes de soumission et de pédophilie ne sont pas acceptables dans un jeu vidéo et qu’il faut censurer.

Un marché considérable !
En tout état de cause, ces jeux dérangent bien qu’ils s’agissent souvent de livres interactifs où l’unique action consiste à cliquer sur la souris afin de faire avancer l’histoire et atteindre des scènes obscènes (peu de différence donc avec un film). Au Japon, il existe des magasins entiers qui vendent ce type de produits dans des coffrets collectors le plus souvent hors de prix entre 75 et plus de 100 euros. Ce marché est donc très important même s’il est extrêmement difficile de pouvoir le chiffrer. Bien sûr, la promotion de tels jeux dans nos vertes contrées n’est pas d’actualité. Toutefois, il est intéressant d’en connaître l’existence même si cela constitue l’un des aspects les plus critiquables de l’industrie : tout comme pour la pornographie ou le cinéma sauf qu’ici le phénomène n’est pas mondial mais concentré en Asie du Sud-Est.

Si la critique est de mise pour ce genre de jeu, cela confirme aussi que les jeux vidéo s’adressent à un public éclectique qui n’est pas seulement constitué d’enfants. Ces dernières années, la mise en place de codes PEGI sur les jaquettes a constitué un passage obligatoire en plus d’un gage de sérieux et de maturité des éditeurs. Ceux-ci doivent avertir clairement le joueur pour éviter  qu’on ne tombe une fois de plus dans la caricature du « jeu violent qui rend violent ». A bon entendeur…

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Publié par Jean-Philippe Alba
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A propos de Jean-Philippe Alba : Responsable éditorial

4 commentaires »

  1. Intéressant !

    J’étais d’abord venu pour les photos ^^, puis après m’être rincé l’oeil, (et rien que l’oeil hein !) il ne me restait plus qu’à lire l’article. L’angle utilisé est astucieux, une lecture intéressante donc. Cool, continuez comme ça !

  2. Merci pour la remarque Lion (on se connait ;o) Pour l’article oui c’était le but. Aguicher le chaland avec qques images sexy pour finalement parler … un peu culture ;o) A+, et on va essayer de « continuer comme ça » !

  3. Je vous encourage à consulter la série de dossiers concernant les jeux vidéos à caractère pornographique japonais présents à cette page : http://www.hentai-france.org/dossiers.php

    Le sujet est abordé d’une façon tout à fait différente et nous communique pas mal d’aspects surprenants !

  4. J’attire votre attention sur la série de dossiers de ce site : http://www.hentai-france.org/dossiers.php

    En effet, le rapport de la pornographie au jeu décrit dans ces billets est tout à fait original et cultivant !

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